Expérience de perversion narcissique, comment la traverser ? (Karpman #3)

Quand une relation toxique s’installe, ce n’est pas seulement l’ambiance de travail qui se dégrade : c’est l’intérieur qui se dérègle. Récit d’une immersion et pistes pour s’en libérer en profondeur.

Nous sommes en 2017.

Je change d’emploi pour prendre un poste à Toulouse, comme directrice de clientèle.
Sur le papier, tout est parfait : poste attractif, bonnes conditions financières, passation annoncée comme fluide. La personne que je remplace est enthousiaste.

Je pars confiante.

Les premières semaines confirment cette impression.
Des gens compétents. Un cadre qui, en surface, paraît sain.

Puis, au bout d’une quinzaine de jours, quelque chose cloche.

Un malaise diffus. Silencieux. Persistant.

L’équipe – une vingtaine de personnes – est en vrac.
Les échanges sont rares. Lorsqu’ils existent, ils sont chargés de méfiance, de tensions, de non-dits.
Des clans se sont formés.

L’atmosphère est lourde, figée, comme si chacun retenait son souffle.

Je fais remonter ce que je perçois à la direction. La réponse est nette :
« Ça a toujours été comme ça à Toulouse. Prenez le temps de vous intégrer. »

À ce moment-là, je ne comprends pas encore que la personne que je suis censée remplacer présente tous les traits d’une perversion narcissique.

En trois mois, je découvre l’ampleur des jeux.
Parfois, je doute de ma lucidité tant les comportements sont extrêmes.

Tout le triangle de Karpman est à l’œuvre : persécuteur, sauveur, victime — souvent incarnés par une seule et même personne, parfois dans la même interaction.

Critiquer et dévaloriser.
Monopoliser la parole, se placer au centre. Avoir besoin d'être admiré.
Minimiser les autres.
Manipuler, déstabiliser.
S’approprier les réussites.
Flatter puis mépriser.
Se déresponsabiliser en accusant.

L’intention est de Briller seul, même si le collectif doit s’effondrer.

Dans l’équipe, les effets sont visibles :
– certains sont sous emprise, par admiration contrainte,
– d’autres sont pris dans la manipulation,
– d’autres encore ignorent, se retirent, s’isolent, se ferment pour survivre.

C’est un système feutré.
Rien de frontal.
Tout est subtil, invisible, mais profondément destructeur.

Perversion narcissique et relations toxiques

La perversion narcissique est un cadre clinique précis. Mais concrètement, ce que vivent les personnes exposées ressemble à ce que l’on retrouve dans de nombreuses relations toxiques : déséquilibre, domination, confusion, perte de repères.

On pourrait dire que la perversion narcissique est une forme “pure” du toxique relationnel. Et que beaucoup de relations professionnelles en portent des fragments.

L'un des effets communs est que la dynamique de travail s’arrête.


Les 4 niveaux d'impacts

  1. Baisse de l’estime de soi.
    Le jeu relationnel est si insidieux qu’il fissure peu à peu nos repères internes.
    Ce qui, au départ, ressemble à un simple malaise devient une remise en question profonde :
    « Est-ce moi qui exagère ? Est-ce moi qui comprends mal ? »
    On finit par se dévaloriser bien plus que d’habitude, alors même que le problème ne vient pas de nous.
  2. Epuisement mental et émotionnel
    Face aux dysfonctionnements, notre mental cherche à analyser, expliquer, comprendre, parfois même excuser.
    Les pensées tournent en boucle autour des incohérences. Les émotions sont en surchauffe. Le système interne reste en vigilance permanente.
    Il n’y a plus de repos psychique : tout devient effort, tension, adaptation.
  3. Perte de motivation - Errance intérieure
    L’élan vital est atteint. L’énergie ne circule plus : elle se fige dans le non-sens, l’incompréhension, la perte de repères.
    Ce qui, autrefois, portait – l’envie, l’engagement, la créativité – s’éteint plus rapidement.
  4. Perte de confiance relationnelle
    La relation passe en mode protection.
    La méfiance remplace l’ouverture.
    La spontanéité devient risquée.

Dans un système toxique, il n’y a rien à comprendre.
Chercher du sens là où il n’y a que du pouvoir et de la domination mène à l’épuisement.

Traverser l’expérience grâce au Zéro Mental

Quand on a été exposé à des comportements pervers et narcissiques ou toxiques, ce n’est pas seulement le cadre de travail qui est abîmé.
C’est l’intérieur.

Doute, confusion, auto-dévalorisation stress relationnel, confiance

Et souvent, l’accompagnement se limite à parler du problème.
À analyser ce qui s’est passé. À mettre des mots. À comprendre.

C’est utile.
Mais insuffisant.

Car ce type de relation laisse des traces qui ne sont pas seulement mentales ou rationnelles.
Elles s’inscrivent dans le corps, dans le système nerveux, dans l’inconscient.
Elles deviennent des réflexes internes : se méfier, se taire, se suradapter, douter, se contracter.

On peut quitter la personne toxique…
et continuer à vivre de l’intérieur sous son influence.

Le Zéro Mental intervient précisément à cet endroit-là.

Il ne cherche pas à expliquer davantage ce qui n’a déjà plus de sens.
Il vise à réduire l’impact émotionnel des expériences vécues.
À désactiver les boucles internes héritées de la relation toxique.

Concrètement, cette approche permet :

  • de reconstruire l’estime de soi à un niveau profond,
  • de remplacer les pensées auto-critiques par des repères internes plus justes,
  • de créer des ressources solides face aux situations relationnelles difficiles,
  • d’apprendre à réguler le stress et les émotions dans le présent,
  • de retrouver un espace intérieur clair, stable.

C’est un processus de “nettoyage” intérieur.
Le dégagement des empreintes laissées par la relation toxique est indispensable. C'est un bug invisible, qui ralentit voir bloque tout le système.

Sans ce travail, la perversion narcissique et les relations toxiques continuent d’agir… de l’intérieur.
Elle reste intégrée dans l’inconscient.
Elle influence encore les choix, les relations, la posture.


La déshypnose Zéro Mental : c'est une possibilité ouverte de se retrouver en profondeur : Redevenir libre à l’intérieur de schémas transporté.
Décider à nouveau depuis un espace de clarté, de sécurité et de présence.

Etre soi sans emprise