Je procrastine : la vérité sur ce qui bloque vraiment

Décryptage des vrais mécanismes intérieurs pour enfin cesser de penser que procrastiner c'est être faible, manquer de volonté ou de discipline.

Dialogue intérieur ave la partie qui procrastine en nous
avertissement : ce texte est un échange imaginé avec la partie qui procrastine en nous.


Question

Pourquoi est-ce que, dans ma tête, procrastiner ressemble toujours à un défaut ?

Réponse — la procrastination

Parce que dans l’imaginaire collectif, procrastiner veut dire :
manquer de discipline, de motivation, de force de caractère, de détermination.
Bref : être faible.

C’est comme si on regardait un voyant rouge s’allumer sur le tableau de bord… et qu’on accusait la voiture d’être paresseuse.

Mais le sujet ne se situe absolument pas là.
Les personnes qui procrastinent ne manquent pas de volonté.
Elles font face à une surcharge invisible.


Question

D’accord… mais explique moi un truc.
Pourquoi est-ce que, chaque fois que je m’apprête à passer à l’action, tu débarques ?

Réponse — la procrastination

Parce que passer à l’action peut réveiller des émotions franchement désagréables.

La peur — d’être jugée, rejetée, humiliée, trahie, abandonnée.
La honte.
L’anxiété.

Et surtout :
des émotions liées à des situations passées, encore bien accrochées à certains souvenirs.

Quand une action réactive tout ça,
j’arrive comme un pare-chocs émotionnel.

Il n’y a aucune raison d’aller volontairement poser "la main sur une plaque brûlante."

Alors oui… je bloque.


Question

Ok… mais parfois, ce n’est pas seulement émotionnel.
On dirait que c’est plus profond que ça.

Réponse — la procrastination

Oui.

Parfois, ce qui est en jeu, ce n’est pas l’action.
C’est l’identité.

Passer à l’action vient bousculer des croyances auxquelles tu t’es identifiée :
comment le monde fonctionne,
ce que tu crois possible pour toi,
ce que tu crois mériter.

C’est comme toucher à une pièce maîtresse d’un jeu de Jenga intérieur.
Si elle bouge, tout l’équilibre vacille.

Alors je ralentis.
Et très souvent, tout ça se joue sans que tu en aies conscience.


Question

Si je résume :
ça bloque soit pour ne pas revivre une émotion,
soit pour ne pas trop chambouler une croyance à laquelle je me suis identifiée.
Est-ce qu’il y a autre chose ?

Réponse — la procrastination

Oui. Il y a aussi ce que nous préférons ne pas regarder en face.

Par exemple :
les objectifs qui ne sont pas vraiment les tiens.

Ceux dictés par une petite voix qui dit :
• « il faut le faire »,
• « tout le monde le fait »,
• « c’est comme ça qu’on réussit ».

Mais au fond, quelque chose en toi dit non.

Alors je deviens une résistance silencieuse.

C’est comme courir avec beaucoup d’énergie…
mais dans une direction qui n’est pas la tienne.
Floue. Étrangère.


Question

Explique moi alors pourquoi je me mets autant de pression.
Pourquoi est-ce que je me parle si durement ?

Réponse — la procrastination

La culpabilité.

Tu interprètes le blocage comme une faute.
« Je devrais y arriver. »
« Les autres y arrivent bien. »

Cette culpabilité agit comme un sac à dos rempli de pierres.
Plus tu avances, plus il t’écrase.

Et plus tu te juges,
plus la charge mentale augmente,
plus je dois serrer le frein pour éviter la surchauffe.


Question

Et parfois, j’ai l’impression que ce n’est ni émotionnel, ni identitaire.
Je me sens juste vidée. Saturée.
Comme si mon cerveau disait stop.
Pourquoi est-ce que, dans ces moments-là, tu bloques toute action ?

Réponse — la procrastination
Parce que tu es en surcharge mentale.
Là nous basculons dans un mécanisme de survie...

Quand la charge mentale est trop élevée,
l’action est une montagne floue et épuisante.

Alors je coupe le courant.
Pour éviter l’effondrement.


Question

Donc, si je comprends bien…
Je ne suis pas la procrastination. Il y a simplement une partie de mon intériorité qui procrastine. Un mécanisme.
Et ce mécanisme mérite d’être accompagné :
• une intensité émotionnelle à apaiser, lâcher
• une croyance à renverser
• un objectif à affiner, à réaligner avec ce que je veux vraiment.
C’est ça ?

Réponse — la procrastination

Oui.

Aller plus en profondeur, plutôt que rester en surface, au niveau des symptômes et des croyances collectives.
Parce que c’est là que les choses changent durablement.
Et parfois, c’est une combinaison émotions, croyances - objectif.

Maintenant, dis-moi :
comment notre échange modifie ton regard ?


Question

Je ne me culpabilise plus.
Je sais qu’il y a une partie de mon système intérieur qui bloque, et que je ne suis pas la procrastination.

Je peux agir sans me flageller.

Cesser de croire que je suis faible ou sans volonté.

Je vais faire grandir la partie qui ne procrastine pas :
un objectif rayonnant,
qui déclenche de la joie,
qui me permet de croire quelque chose de positif à propos de moi.

Réponse — la procrastination

Bravo.