Pourquoi certaines personnes nous énervent autant au travail ?
Ce qui nous agace chez l’autre n’est presque jamais l’autre. C’est un interdit intérieur qui se réactive. Et nos relations deviennent alors des miroirs puissants de notre histoire.
Si certaines personnes nous agacent tant, c’est parce qu’elles font — ou incarnent — quelque chose que nous nous sommes interdit.
Les neurosciences lont mis en évidence : Notre cerveau ne fait pas la différence entre ce que nous faisons nous-mêmes et ce que nous voyons faire par l’autre. Il ne se demande pas : « Est-ce lui ou est-ce moi qui agit ainsi ? »
Et si cette action entre en conflit avec un interdit intérieur, alors la réponse automatique se déclenche : tension, agacement, rejet, malaise, colère.
Autrement dit : ce n’est pas l’autre qui m’énerve. C’est l’interdit que je porte en moi qui s’active.
Nos relations parlent donc très peu des autres. Elles parlent énormément de nous.
De la même manière :
- Le regard que je porte sur l’autre parle surtout de moi.
- Le regard que l’autre porte sur moi parle surtout de lui.
Tout cela est intimement lié aux neurones miroirs.
Les neurones miroirs
Les neurones miroirs sont des cellules cérébrales qui s’activent aussi bien lorsque nous faisons une action que lorsque nous voyons quelqu’un d’autre la faire.
Ils nous permettent d’apprendre, d’imiter, de comprendre l’autre… mais aussi de résonner avec lui.
Quand je vois quelqu’un transgresser une règle que je me suis imposée, mes neurones miroirs « vivent » cette transgression comme si elle venait de moi.
Et immédiatement, le système interne de protection se met en route : peur, culpabilité, honte, moquerie, agressivité, rejet
Tout ce qui sort de la norme — ou de ma norme — peut activer ces réactions.
Les interdits sont stockés dans le corps
Les interdits ne sont pas seulement des idées.
Ils sont stockés sous forme de pensées, images, sensations, tensions corporelles
Sans que nous en ayons conscience, notre posture se modifie en permanence en fonction de ce que nous voyons, de ce que nous pensons, de l’ambiance dans laquelle nous nous trouvons.
Ces ajustements sont subtils… mais réels.
Fascias : la mémoire vivante du corps
Les fascias sont les tissus conjonctifs qui enveloppent muscles, organes et structures du corps. Ils forment un immense réseau vivant, sensible, réactif.
Ils mémorisent les expériences émotionnelles, notamment celles vécues dans l’enfance.
Par exemple :
J’ai pu grandir avec une figure d’autorité utilisant — souvent inconsciemment — la peur ou la culpabilité pour bloquer certains comportements :
« Ne fais pas ça. »
« Ce n’est pas bien. »
« Tu vas avoir des problèmes. »
Cette autorité n’existe peut-être plus depuis longtemps. Mais les traces, elles, sont restées.
Elles se sont inscrites dans le corps : dans la respiration, la posture, le tonus, les fascias.
Aujourd’hui encore, il suffit que je voie quelqu’un faire ce que je n’avais pas le droit de faire pour que ces traces se réactivent.
Les neurones miroirs rallument l’ancienne alarme. Et je réagis… comme autrefois.
Je ne suis plus dans le présent. Je suis coincé dans mon histoire.
Nos relations sont des révélateurs puissants. Elles mettent en lumière : nos interdits, nos peurs, nos conditionnements. Elles ne parlent pas tant des autres. Elles nous offrent un accès direct à nous-mêmes.
La vraie question :
La vraie question devient alors : Est-ce que je veux continuer à réagir en laissant mes comportements être déterminés par des traces de peur, de culpabilité et d’anciennes ambiances ?
Ou bien : Est-ce que je choisis d’être déterminé par mon libre arbitre, ici et maintenant ?