Les pièges invisibles qui m'ont menés à l’épuisement

J’ai avancé longtemps sans voir ce qui m’épuisait réellement. À travers une métaphore simple et quatre prises de conscience clés, cet article explore ce qui se joue en profondeur dans l’épuisement professionnel.

Imaginez-vous à bord d’un bateau en pleine mer, sans voir les courants sous l’eau — et même sans savoir qu’ils existent (1). Vous avancez sans carte ni boussole(2), tandis que d’autres bateaux naviguent autour de vous, invisibles à votre regard (3). Et pour finir, vous n’avez pas clarifié le port où vous voulez vraiment aller (4).

Voici les 4 erreurs pour m'ont fait sombrer dans l'épuisement...

Piège n°1 : Ne pas avoir conscience de mes dialogues intérieurs et schémas automatiques (ignorance des courants)

Au travail, pendant longtemps, je faisais comme si tout allait bien, alors que je ressentais de grandes tensions, des situations qui se répétaient et qui m'épuisaient en profondeur.

J'ignorais mes états internes, pensant que la seule chose que je devais faire c'est “tenir bon”.

Tenir bon sur quoi exactement ?
Tenir bon sur ce que je répétais encore et encore… et qui me vidait.


Piège N° 2 : Avancer sans boîte à outils de régulation (absence de cartes)

Je n’avais pas de stratégies pour réguler mon stress, ma charge mentale ou mes émotions.
Je subissais les situations au lieu de les piloter.
J’ai compris qu’il fallait apprendre à relâcher la tension en direct (pendant une situation stressante), en amont (en prévention) et en aval (en récupération).
Sans ces techniques, mon énergie partait en fumée chaque jour.


Piège n°3 : Méconnaître les jeux relationnels au travail (risque de collision)

Je ne voyais pas les dynamiques invisibles autour de moi. Chaque personne jouait un rôle, souvent sans s’en rendre compte (comme dans le triangle de Karpman).
Sans conscience de ces jeux, je me laissais entraîner malgré moi, perdant peu à peu mon recul et mon authenticité.
L’enjeu ? Rester moi-même, avec conscience et recul, sans me laisser emporter par les comportements, attentes ou patterns des autres.


Piège n°4 : Avancer sans vision claire (pas de vision du port d'attache)

Je travaillais souvent sans savoir ce que je voulais réellement vivre, me laissant guider uniquement par des objectifs chiffrés et les urgences.
Sans cap intérieur, je me laissais balloter par les attentes et les pressions, perdant mon énergie dans des directions qui n’étaient pas les miennes.
Aujourd’hui, j’ai compris qu’une vision claire permet de rester alignée, de prendre des décisions conscientes et de protéger mon énergie face aux sollicitations extérieures.


Mes 4 switchs : pour retrouver votre maîtrise

  • Au lieu de faire semblant, de résister ou de me battre, observer les schémas et conditionnements pour ne plus tourner en rond avec des mécanismes répétitifs épuisants
  • Avoir mes outils pour réguler les tempêtes (respiration, marche, méditation, zéro mental)
  • Identifier les situations où je me laisse entraîner par le jeu des autres et choisir consciemment ma posture (karpman, les paterns des autres)
  • Clarifier ma vision : ce que je veux réellement vivre, au-delà des urgences et attentes, et utiliser cette vision pour guider mes choix quotidiens

Photo Catherine Bordaneil (Costa Brava des falaises abruptes, des rochers, des criques sauvages et une mer parfois agitée)