"Je ne veux pas déranger"

Vous vous sentez souvent obligé(e) de vous taire pour ne pas déranger ? Découvrez comment repérer ces cordes invisibles et retrouver votre voix sans vous épuiser.

Vous êtes peut-être comme Sylvie. Compétente, reconnue, appréciée, humaine.

En surface, tout semble réussir. Mais à l’intérieur, un petit moteur tourne sans relâche, comme un hamster dans sa roue :

« Ne dérange pas. Ne prends pas trop de place. Ne crée pas de conflit. »

Cette peur de déranger est souvent inconsciente. Elle se glisse dans les mails non envoyés, dans les réunions où l’on se tait, dans les décisions que l’on laisse passer.

Sylvie ne parle pas de peur. Elle parle de fatigue, de surcharge mentale, de ruminations incessantes.
Elle dit oui quand elle pense non. Elle prend sur elle, absorbe les tensions, fait des heures en plus pour ne pas « embêter », et laisse passer des décisions qui ne correspondent pas à ce qu’elle sait être juste.

« J’ai vu qu’une décision n’allait pas fonctionner… mais je ne voulais pas imposer mon point de vue. »

Au fond, Sylvie tient profondément à une seule chose : que tout se passe bien, que la relation reste intacte, que la fluidité prime sur sa propre justesse.


Les nœuds intérieurs : ces cordes invisibles

Ces petites tensions, ces cordes invisibles que l’on se tend à soi-même, sont souvent très fines, presque indétectables. Pourtant, elles influencent chaque décision.

Nœud 1 :

  • Poser un cadre = rigidifier
  • Dire non = fermer
  • Exprimer un désaccord = créer de la tension (et être responsable de cette tension)

Nœud 2 :

  • Demander = forcer
  • Dire non = contraindre
  • Exprimer un point de vue différent = provoquer un conflit

Nœud 3 :

  • Exprimer une objection = contredire
  • Contredire = déranger
  • Déranger = fragiliser la relation

Dans notre imaginaire, choisir la sécurité relationnelle est la seule option valable. Mais le prix est lourd : effacement, sur-adaptation, fatigue silencieuse, et un flot de ruminations sur ce que nous n’avons pas dit.

Souvent, nous confondons cadre et contrainte, clarté et imposition. Alors le silence devient notre stratégie de sécurité. On évite les risques : forcer, contraindre, créer un conflit. Et petit à petit, ce mécanisme épuisant devient automatique.


Comprendre le “je ne veux pas déranger”

Dire « je ne veux pas déranger » n’est pas toujours un manque de confiance ou un problème de communication.
C’est souvent une loyauté relationnelle ancienne, encore active dans des contextes où elle n’est plus nécessaire.

Elle est soutenue par des croyances qui tournent en boucle :

  • « Si je demande, je prends trop de place. »
  • « Les autres ont déjà assez à faire. »
  • « Je dois me débrouiller seul(e). »
  • « Si j’insiste, je deviens envahissant(e). »
  • « Mon besoin est moins important que celui des autres, de mon équipe, de mon client, de mon boss. »

Et, souvent cachée derrière tout cela : la croyance racine :

« Ma présence est conditionnelle. Elle est tolérée tant que je ne complique rien. »

En réalité, cette peur est un mécanisme de protection. Il a longtemps fonctionné… mais s’il continue à agir automatiquement, il épuisera celui ou celle qui le pratique.

« La peur de déranger n’est pas une politesse : c’est une auto-censure apprise. »
« Je n’ose pas m’exprimer, non par manque de clarté, mais par peur d’exister trop fort. »

Le renversement de perception, la désactivation des cordes invisibles

En séances de déshypnose zéro mental, Sylvie a exploré sa corde invisible, celle qui lui disait : « émettre une objection , c'est fragiliser la relation », et sa peur de déranger.

Peu à peu, la tension s’est relâchée. Les pensées qui tournoyaient comme un essaim d’abeilles se sont apaisées. Elle a senti que le silence forcé n’était plus nécessaire pour que la relation reste intacte.

Les cadeaux :

  • le soulagement de ne plus être responsable de tout,
  • la légèreté de pouvoir exprimer ses besoins sans culpabilité,
  • et une confiance nouvelle dans la qualité de ses relations.

A la question de débriefing : qu'est ce que tu peux te dire maintenant que tu ne pouvait pas te dire en s=début de séance :

“Je peux m'exprimer sans m’inquiéter de déranger. Je sais que c'est là que la relation devient vraie.”

Ce n’est pas en se taisant que la relation devient sûre.
C’est en osant exister dedans.

Ce n’est pas une victoire sur les autres.
C’est une réconciliation entre être soi et être en lien.