Objectif Ultime (modèle)
Nos objectifs professionnels sont le plus souvent pensés en termes de résultats : un poste, un salaire, un statut, un projet abouti.
Pourtant, j'ai observé quelque chose de très clair : la manière dont l’on se rapproche de soi en chemin est plus importante que le résultat.
La façon dont on vit la mission compte davantage que la mission.
Combien de fois ai-je entendu :
« J’aime ce que je fais, mais je ne me sens pas bien dans mon environnement. »
En toile de fond, il s’agit toujours de la même chose : revenir à soi progressivement. Retrouver ce qui est vivant sous les couches d’adaptation, de tension et d’activité automatique.
Un peu comme si, au lieu de courir vers un sommet extérieur, il s’agissait d’apprendre à marcher en soi, tout en avançant dans le monde.
Je vous propose pour cela le modèle de l’Objectif Ultime, en trois dimensions :
- Ce qui compte vraiment – la direction intérieure
- La dimension horizontale – la mission
- La dimension verticale – l’expérience intérieure
1. Ce qui compte vraiment - la direction intérieure
Ce qui compte vraiment, ce n’est pas d’abord un poste, un statut ou un résultat.
C’est une direction de fond.
Un élan profond.
Ce vers quoi vous aspirez intimement dans votre vie professionnelle.
Cela ne peut pas se définir uniquement en termes de réussite visible.
Cela se formule aussi en termes d’état d’être, de qualité de présence, de manière d’habiter vos journées.
Ce n’est pas forcément un poste précis, mais une façon d’être au monde dans votre travail.
On pourrait appeler cela l’Objectif Ultime :
une vision personnelle profonde, ce que vous aimeriez avoir accompli avant de mourir, ce que vous voudriez avoir profondément réalisé pour vous-même,
et offert au monde en termes de sens.
Cette vision s’installe d’abord à l’intérieur.
Si elle est claire en vous, elle peut ensuite s’exprimer à l’extérieur.
Mais si vous ne prenez jamais le temps de l’habiter, de l’imaginer, de la ressentir, alors vos choix professionnels sont livrés au hasard, aux opportunités, aux injonctions.
Quand “ce qui compte vraiment” est vivant à l’intérieur, les actions deviennent presque naturelles.
Cela vibre en vous, et cela rayonne dehors.
2. La dimension horizontale - la mission
La dimension horizontal relève de la réalisation dans le monde.
Ils répondent à la question :
Qu’est-ce qui est à accomplir ?
Ce sont les formes concrètes que prend l’objectif ultime :
- Obtenir un poste de manager
- Lancer un projet
- Prendre la responsabilité d’une équipe
- Créer une activité indépendante
L’horizontal, c’est le terrain.
La mission.
La scène sur laquelle la vie professionnelle se déploie.
Ces objectifs donnent une direction visible.
Ils structurent le parcours, comme des balises sur une route.
Mais à eux seuls,
ils ne garantissent ni la paix intérieure,
ni la liberté d’être soi.
C’est pour cette raison que certaines personnes connaissent une très belle réussite horizontale tout en gardant un goût d’inachevé, une impression diffuse de ne pas être à leur place, ou de vivre en décalage avec elles-mêmes.
Elles ont “réussi”, mais quelque chose en elles n’est pas arrivé.
3. La dimension verticale – expérience intérieure
la dimension verticale ne concerne pas ce qui est obtenu, mais la qualité intérieure avec laquelle l’expérience est traversée.
Ils répondent à la question :
Comment être intérieurement en vivant cette mission ?
Par exemple :
- Rester stable dans des environnements tendus
- S’exprimer même quand il y a du conflit
- Dire non sans se justifier
- Rester aligné quand la pression monte
- Être présent à soi au milieu du bruit
- Garder sa clarté dans l’incertitude
Ce sont des objectifs de présence, de régulation, de souveraineté intérieure.
Ils ne se racontent pas en entretien. Mais ils se perçoivent, se sentent...Et ce sont eux qui déterminent la qualité réelle de l’expérience vécue.
Ils sont comme les racines d’un arbre : invisibles à l’œil, mais sans eux, aucune croissance ne tient.
La cohérence du modèle
L’objectif ultime est la vision personnelle profonde, le soleil à long terme.
La dimension horizontale est la forme visible, le parcours.
La dimension verticale est la profondeur vécue, et peut tout à fait s'apparenter à notre quête de sagesse intérieur, notre part nécessaire de spiritualité.
Là où définir un objectif peut ressembler à une stratégie de progression, le modèle de l’Objectif Ultime introduit une dimension de sens, une orientation intérieure qui évite deux écueils fréquents :
- courir d’objectif en objectif sans jamais se sentir “arrivé”,
- travailler sur soi sans ancrage réel dans la vie professionnelle.
Ce modèle permet de tenir ensemble deux dimensions souvent dissociées :
la réussite extérieure et la liberté intérieure.
Il ne s’agit plus seulement de “réussir quelque chose”.
Il s’agit d’habiter ce qui est vécu, sans s’abandonner soi-même en chemin. et d'être animé par la vision personnelle celle qu'on souhaite que l'on retienne de nous.